• Vendredi Lecture #2 •

Bonjour bonjour !

Comme promis, on se retrouve en ce vendredi 20 janvier de l’an de grâce 2017 pour parler lecture ! Je n’ai malheureusement pas eu le temps d’écrire d’autres articles cette semaine, ayant eu des journées vraiment très chargées, je n’étais pas apte à grand-chose le soir à part m’effondrer dans mon lit telle une larve exténuée. Le pire, c’est que la métaphore est vraiment adaptée.

J’ai tout de même trouvé le temps de lire, certes pas autant que je l’aurais voulu, mais je me rattraperai la semaine prochaine. Alors je te propose sans plus tarder ni blablater de démarrer ce deuxième Vendredi Lecture, hop hop hop, pas de temps à perdre !



Cette semaine, j’ai lu Le Maître du Haut Château, de Philip K. Dick. Parlons-en, tu verras, c’est fort instructif !

le-maitre-du-haut-chateau

Publié en 1962 aux Etats-Unis, ce roman est une uchronie, c’est-à-dire que l’action se déroule dans un temps imaginaire créé à partir d’une modification d’un événement de l’Histoire. Dans le cas du Maître du Haut Château, c’est un élément déclencheur assez effroyable qui sert de base au récit : la Seconde Guerre Mondiale a été gagnée non pas par les Alliés, mais par l’Allemagne nazie et le Japon.

Ces derniers se sont donc partagé le monde, les Etats-Unis se retrouvant divisés en 3 zones : l’Ouest, sous domination japonaise ; le Centre, relativement neutre ; et enfin l’Est, appartenant au Reich. L’action se déroule principalement à l’Est, et suit plusieurs personnages, dont un antiquaire américain, un haut fonctionnaire Japonais, un ouvrier d’origine juive, un agent allemand sous couverture, et une jeune femme relativement mystérieuse.

Du point de vue du contexte, j’ai trouvé le roman réellement prenant. En effet, c’est à la fois très intéressant et glaçant d’avoir un aperçu de ce qu’aurait pu être le monde en cas de victoire de l’Axe : nettoyage ethnique en Afrique, multiplication des camps de concentration (notamment sur le sol américain en territoire allemand), retour de l’esclavage des Noirs, relations tendues entre l’Allemagne et le Japon avec menace d’utilisation de l’arme atomique (on retrouve ici une sorte de Guerre Froide, parallèle intéressant entre les deux Histoires, la vraie et celle de l’auteur).

Après avoir terminé ma lecture, je me suis renseignée davantage et j’ai découvert que certains éléments du roman étaient de réels projets allemands, comme par exemple l’assèchement de la Méditerranée pour en faire des terres cultivables (cependant non envisagé par les nazis, car ils préféraient une expansion vers l’est et non vers le sud), ou la conquête spatiale.

Les personnages en eux-mêmes sont également intéressants, notamment de par leurs états d’esprit. Je pense à Childan, l’antiquaire, qui nourrit un ressentiment féroce envers les Japonais en raison du pillage culturel qu’ils mènent, mais également une sorte de fascination et de déférence dû au rang élevé qu’ils occupent dans la société ; en revanche, il méprise profondément les esclaves Noirs, considérant qu’en tant qu’Américain Blanc, il vaut bien mieux qu’eux. Le racisme et la xénophobie occupent une place prépondérante dans le récit, comme on peut l’imaginer avec un tel scénario : antisémite, antifasciste, anti-japonais, chaque personnage est empli de haine envers une autre ethnie ou une autre religion.

Autre élément qui ajoute de la profondeur au roman, il existe dans cet univers créé par Philip K. Dick un livre intitulé « Le poids de la sauterelle », écrit par le fameux Maître du Haut Château, qui imagine l’Histoire si la guerre avait été remportée par les Etats-Unis et l’Angleterre. On se retrouve donc avec une uchronie dans l’uchronie, car le monde tel que l’imagine le personnage dans son oeuvre n’est pas le même que celui qui a réellement découlé de la Seconde Guerre Mondiale ! C’est tordu, mais c’est beau, d’autant plus avec le rebondissement qui arrive dans les dernières pages.

Cet élément est d’ailleurs le seul qui m’a légèrement déplu, même si le mot n’est pas vraiment adéquat. Il intervient dans le cadre d’une fin très ouverte, qui laisse le lecteur à sa réflexion sans apporter de réelle réponse au problème soulevé. Après avoir consulté l’Internet mondial suite à ma lecture, j’ai appris que Le Maître du Haut Château aurait dû avoir une suite, dont deux chapitres ont d’ailleurs été publiés, mais que le projet a finalement été abandonné. J’aurais aimé connaître le fin de mot de l’histoire, car on sent très clairement que l’auteur avait de la suite dans les idées, mais on ne saura jamais vraiment où il voulait en venir, et j’avoue que ça me manque, ça laisse un goût d’inachevé. Cependant, la fin peut se suffire à elle-même, et se contenter de jeter un énorme doute dans l’esprit du lecteur. Enfin, personnellement, ça a été très efficace, je me pose encore des questions dessus !


Le prochain roman dont je souhaite te parler est Svastika, de Junichirô Tanizaki.

svastika

Malgré le titre, on quitte complètement l’univers de l’Allemagne nazie pour s’envoler au Japon, où vit Sonoko, notre narratrice. Mariée, celle-ci s’ennuie dans sa vie de couple, et décide donc de prendre des cours de dessin. Elle y rencontre la jeune Mitsuko, dont la beauté incroyable la fait tomber éperdument amoureuse. Mais comme tu peux te l’imaginer, l’homosexualité dans le Japon des années 1920, au cours desquelles a été publié le roman, ça dérange !

L’histoire pourrait se résumer à cet amour impossible, mais elle est bien plus complexe que ça : très vite, un réel jeu de manipulation(s) s’instaure autour des personnages principaux, à savoir Sonoko, son mari, Mitsuko et Watanuki, le fiancé de celle-ci. Ceux que l’on croyait manipulateurs se retrouvent manipulés, puis le rapport de force s’inverse, et ainsi de suite, de sorte que l’on ne sait jamais vraiment qui tire les ficelles de cet ensemble de mensonges, causés par l’amour, la jalousie et l’égoïsme.

L’écriture est très belle, et le récit à la première personne permet d’être réellement immergé dans ce récit subtil, à la limite de la perversion. Une sorte de liaison dangereuse, où la métaphore de la svastika prend tout son sens au fur et à mesure de la lecture : chacun des quatre personnages prenant part à ces liaisons dangereuses est animé par le désir, et ils gravitent tous autour de cet axe central.

Enfin, la plongée dans l’univers japonais m’a beaucoup plu : la morale est très présente, et permet de mieux comprendre les comportements des personnages. C’était ma première lecture d’un auteur japonais, et je dois dire que je suis bien tentée de le faire à nouveau : même si évidemment chaque auteur a son style, j’ai vraiment adoré l’ambiance générale qui se dégageait de cette atmosphère japonaise, et j’aimerais réitérer l’expérience. Coup de cœur pour ma part !


Et pour finir sur un des livres de ma pile à lire, ce sera Petit pays, de Gaël Faye.

petit-pays

Comme tu peux le constater grâce à tes jolis yeux, ce premier roman de l’auteur a remporté le prix Goncourt des lycéens. J’en ai entendu parler en voyant une interview de Gaël Faye à la télé, j’ai aimé sa manière de s’exprimer et d’expliquer son oeuvre, alors je me suis dit pourquoi pas, à lire !

Petit pays raconte l’histoire de Gabriel, jeune garçon né d’un père français et d’une mère rwandaise, vivant au Burundi au début des années 1990. Son enfance tranquille va être bouleversée par la guerre civile, puis par le drame du génocide rwandais, qui vont le faire grandir bien plus vite qu’il ne le devrait.

Je n’ai entendu et lu que du bien à propos de ce roman, j’ai donc vraiment hâte de le lire pour me faire mon propre avis dessus !



Et c’est ainsi que nous terminons ce Vendredi Lecture #2, mais ne pleure pas, je reviens te parler de bouquins dès la semaine prochaine ! Tu peux également retrouver mon Vendredi Lecture #1 juste ici. D’ici mon prochain article, je te souhaite un bien bon week-end !

Et toi, as-tu lu un ou plusieurs des romans de ce Vendredi Lecture ? Ou peut-être figurent-ils sur ta liste à lire ? Dis-moi tout !

La bise !

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Une réflexion sur “• Vendredi Lecture #2 •

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